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mercredi 11 juillet 2007

Les contenus premium dédiés au web arrivent

Après le règne des amateurs, les professionnels fourmillent leurs armes pour créer et diffuser des contenus de qualité professionnelle pour le web. Rien de nouveau à première vu, sauf que ce qui change c'est le type d'acteurs en présence (et les moyens dont ils disposent). Jusqu'à présent on avait 3 cas de figure
  • Les acteurs de web (AOL, CNET, Yahoo...) qui créent ou achètent des contenus thématique. En gros, c'est assez proche de ce que peux offrir la TV (parfois plus proche de Direct 8 que Canal +).
  • Les plateformes techniques : Youtube, Daily Motion, Wat... En principe, ce sont des contenus produits par les utilisateurs. En réalité c'est beaucoup de peer 2 peer déguisé bien qu'une démarche d'éditorialisation soit à l'oeuvre (EU Tube, Star Ac, Wat the Fuck...).
  • Le troisième cas de figure, c'est celui des chaînes TV classiques qui mettent en ligne des programmes après diffusion (France 5, TF1 avec le JT...).

Le grand changement, déjà esquissé avec le départ de l'ancien patron de Disney pour se lancer dans l'aventure Vuguru qui vient de lancer sa serie Prom Queen (ci dessous), se confirme avec l'annonce du départ de Brent Weinstein, le patron du tout puissant syndicat d'artiste UTA, pour prendre la tête de 60Frames. L'objectif : faciliter la production de contenus dédiés au web avec des stars du grand écran. Selon Brent Weinstein "it shouldn't be as hard to make an internet deal as it is to make a film or TV deal."


Episode 1 de Prom Queen (vu plus de 35000 fois sur Youtube)

Pour l'heure, rien à se mettre sous la dent. Par contre, on sait déjà que l'agence de publicité online Spot Runner est de la partie et que 60Frames a les reins solides avec un capital de 3,5 millions de dollars. A suivre.

mardi 10 juillet 2007

TV sur mobile : Killer Application ou Killer Operator ?

La TV sur mobile, c’est certainement la killer Application… dont les opérateurs attendent encore le décollage. Ce retard de décollage s’explique par plusieurs facteurs, en premier lieu le prix. Cet aspect pourrait ne pas être problématique sauf que derrière cette question se cache un enjeu de taille : une lutte entre des acteurs et des technologies totalement incompatibles.


Alors, de fait, la question est très technologique avec deux visions qui s’affrontent. Mais ces questions de choix technologiques ont des implications fortes sur le potentiel de développement des usages de la télévision sur mobile, qui représente, selon les estimations de Accenture et IDC un marché de 30 milliards de dollars. Mais alors qu’est-ce qui freine cette killer app dont on nous répète qu’elle devrait décoller d’un instant à l’autre…. Au moins depuis 1 an.

Des opérateurs mobiles souhaitent conserver le monopole de la fourniture de contenus.
Si on revient à l’origine de la télévision, le facteur déterminant de l’explosion des usages, c’est le broadcasting, c’est-à-dire la possibilité de diffuser un même contenu vers uns multitude de spectateurs simultanément. De fait, ce type de diffusion repose sur le faible coût de diffusion/réception. C’est exactement le contraire de ce qui se passe avec la télévision sur mobile. Avec la 3G, technologie dont les licences ont été vendues à prix d’or ce qui explique la vacance de la 4ème licence disponible en France, les opérateurs disposent d’une technologie de diffusion point à point. Pour faire simple, l’antenne de l’opérateur adresse le signal spécifiquement à un utilisateur. La contrainte, et le frein à l’explosion de l’application TV, c’est que le réseau ne pourrait pas supporter un nombre illimité d’utilisateurs au même endroit (malgré l’effort de densification du réseau 3G entreprit par les opérateurs). Donc, la variable d’ajustement est le prix qui permet d’ajuster la demande à la (relativement faible) capacité du réseau. Pour les opérateurs, il est bon que l’usage se développe… mais pas trop non plus. L’avantage pour les opérateurs est évident : ils maîtrisent la diffusion qui passe par leurs tuyaux et la facture à prix premium.

Cette logique de protection d’une position de choix entre les contenus et les utilisateurs n’est pas une première. Nokia qui ne cesse de promouvoir les usages gratuits avait déjà rencontré quelques difficultés avec ses terminaux dotés de récepteurs radio FM que les opérateurs ne souhaitaient pas subventionner pour cause de cannibalisme. Chacun à sa place : les équipementiers équipent, les opérateurs fournissent réseaux et contenus.


Des acteurs qui poussent des technologies de broadcasting
Lorsqu’on analyse les raisons qui empêchent l’explosion de la TV sur mobile, le principal frein est le coût qui résulte d’un choix de facturation, mais surtout d’une technologie de diffusion très coûteuse employée par les opérateurs. Pourtant, la technologie qui transformera cette fonctionnalité en véritable Killer App existe bel et bien et c’est le DVB-H. Le DVB-H, c’est une technologie de broadcasting pour appareils mobiles, l’équivalant de la TNT mais pour des appareils nomades. Cette technologie ne vient pas d’apparaître : elle a été standardisée en Décembre 2004 par l’ETSI !


Qu’est ce qu’on attend ?
De l’issu du bras de fer entre les différentes parties prenantes du secteur dépend l’avenir de cette application. La nouvelle donne est loin d’être prévisible, les questions épineuses restent en suspend : Qui diffusera cette TV : les diffuseurs (Towercast, TDF…) ou les opérateurs ? Qui payera les terminaux : il est évident que le taux de pénétration des mobile est une fonction croissante du niveau de subvention accordé par les opérateurs, s’ils n’ont rien à gagner à subventionner des terminaux DVB-H, il y a peu de chance que les consommateurs ordinaires ne consentent à des investissements importants de ce coté là…

Une chaîne de valeur à définir
La TV sur mobile attend donc son modèle économique. Si la chaîne de valeur exclue les opérateurs, les terminaux ne pourront se démocratiser. Si on laisse la main aux opérateurs, le DVB-H mettra des siècles à s’imposer face à une 3G qui génère plus de revenus à court terme.

Le grand média qui se cache dans ma poche n’est définitivement pas prêt de remplacer ma bonne vieille télé…

jeudi 28 juin 2007

La guerre des contenus : l’avis des top managers

Comme Madame Irma était momentanément indisponible, les gens de chez Accenture ont eu l’idée d’interroger les grands managers de l’industrie des contenus pour tenter de lire l’avenir dans cet univers incertain des contenus. On sait déjà que c’est un enjeu très sensible : qu’ils soient issus des médias traditionnels et déclinés en ligne (le monde, la tribune, radio France…), développés spécialement pour le web par des utilisateurs (Dailymotion, Youtube, WAT…) ou des professionnels (AOL, Yahoo, CNET…) on ne peut que constater que la guerre des contenus est déclarée. En plus de cette bataille sur le front de l’offre, on remarque que l’industrie elle-même est totalement chamboulée, entre les groupes de communication qui investissent dans les contenus et les telcos qui s’impose sur la VOD, les repères se font de plus en plus flous et les frontières de moins en moins étanches. Cette bataille pour obtenir la plus grande part possible du gâteau, les acteurs surfent sur le segment le plus porteur : la vidéo, en témoigne la multiplication des plateformes dédiées comme CNET TV, Telelibre.fr, Canalobs.tv, Joost ou Babelgum.

Que (pré) disent les grands de ce petit monde ?

  • Que la croissance viendra des nouveaux canaux (67%) avec la multiplication de deals pour que les contenus soient accessibles sur tous les supports.

  • Que parmi ces nouveaux canaux vecteurs de croissance, ceux qui suscitent le plus d’espoirs sont le online (89%) et les technologies de la mobilité (73%) qui remportent les suffrages des spécialistes de la musique (même si l’étude montre que personne ne sait qui en bénéficiera).

  • Qu’après les nouveaux canaux, ce sont les contenus qui sont susceptibles de générer de la croissance (21%), notamment la télévision (50%), la publicité avec l’essor de la pub interactive (31%) et les jeux vidéos grâce à des consoles convergentes et connectées (23%).

  • Que les mieux placés pour bénéficier de cette croissance sont les fournisseurs de contenu, talonnés par les acteurs de l’internet et les telcos.

Un des points qui ressort le mieux de l’Accenture Media Content Survey 2006, c’est qu’il y a de fortes divergences de visions. Des divergences par secteurs avec des perceptions et des enjeux très décalés entre les communicants et les créateurs de contenus. Il y a aussi des incertitudes qui se traduisent par des réponses avec 50% des sondés qui pensent une chose et les autres 50% qui pensent le contraire. Rendez-vous dans 5 ans pour les attributions de diplômes de voyants !