Web 2.0, Opinion, Marketing & Communication

samedi 14 mars 2009

Mieux que le concours... la bonne cause pour générer du feedback

Depuis longtemps, l'arme la plus classique pour encourager les internautes à alimenter les précieuses bases de données de acteurs du e-commerce et plus largement des marques : le concours dont la dotation est presque toujours un gadget Apple (de préférence un iPod). Il faut avouer que ça fonctionne de moins en moins bien, on fini même par se demander s'il y a vraiment un cadeau à la clé...

Dans ce système d'incitation, le ressort de motivation n'est basé que sur l'égoïsme, l'envie. Aux antipodes de l'approche "répondez à nos questions et gagnez un iPod", j'ai découvert une approche originale de Lastminute.com : miser sur la fibre altruiste des internautes. Le principe est simple, à chaque questionnaire complété la somme de 1 euro est versée à l'association Aviation sans frontières, un choix assez cohérent pour un spécialiste du voyage. Je trouve la démarche intelligente, dans la mesure où elle lie data mining et responsabilité sociale d'entreprise, et plus efficace que la promesse d'un centième iPod que je ne gagnerai jamais.



jeudi 5 mars 2009

Google va sanctionner les billets sponsorisés

Encore un pavé dans la marre des billets sponsorisés, Advertising Age révèle aujourd'hui les conclusions d'une étude Forrester Research dont un des points clé est la recommandation d'inclure un tag "no follow" aux billets sponsorisés pour que Google ne considère pas les liens de le calcul de son fameux Pagerank. Concretement, c'est un des arguments majeur des spécialistes du billet sponsorisé, celui du référencement. Un argument qui fait réagir Google, et notamment Matt Cutts, chief enforcer of Google's web-spam team, qui a publié sur son blog un billet précisant que ceux qui ne respecteraient pas cette règle, qui pourrait bientôt être mise en application par le moteur de recherche, risqueraient des sanctions. Il est vrai qu'en la matière, on sait que Google ne plaisante pas du tout.

Les conclusions de l'étude en 5 points :
  • Etre transparent et assumer le lien financier
  • Le blogueur doit conserver son indépendance, même s'il s'agit de dire des choses peu flatteuses sur le sponsor
  • Etre honnete et pertinent
  • Ecouter la communauté des blogueurs
  • Appliquer la règle du "no follow"
Les billets sponsorisés, machines à polémiques
C'est vrai que le sujet fait débat depuis longtemps, autant du coté des blogueurs que de celui des marques et des lecteurs. Sans entrer dans le débat stérile et dans la chasse aux "blogueurs vendus".
Du coté blogueur, plusieurs enjeux important : comment conserver sa crédibilité ? Comment gérer la défiance des lecteurs qui oscillent entre jalousie et colère ? Thomas Clément avait par exemple dénoncé un spécialiste dont les pratiques lui semblaient inappropriées. Son point de vue de publicitaire est intéressant car il se base sur les règles bien établies du publi rédactionnel. Dans le fond, le billet sponso, pourquoi pas, mais la pub déguisée en contenu éditorial ça tourne à la tromperie.
Du coté des lecteurs, quelle confiance accorder au blog qui fait de la promo qui ne dit pas son nom ? Les commentaires, parfois teintés de jalousie ou d'aigreur, sont monnaie courante. Au final, le billet sponsorisé contribue largement à dégrader la reltions lecteurs/blogueurs.
Du coté des marques, c'est également un enjeu important. On le sait, la crédibilité et l'attention accordée par un lecteur à un article est sans commune meure avec ce lle qu'il consacre au contenu éditorial. En matière de billets sponsorisés, c'est généralement l'inévitable effet scroll, et beaucoup ont tendance à zapper le contenu qui suit la mention "billet sponso", d'où l'astuce qui consiste à le mentionner en toute fin de billet. On pourrait parler de tromperie pour celui qui aura tout lu sans se douter de la nature du contenu. Sans compter que quand le point de vue du blogueur n'est pas en phase avec les attentes de la marques, la relation peut vite trouver son terme.

Dans le fond, une marque de lère du 2.0, c'est une marque qui développe un e "talking value", une marque qui fait réagir et qui anime la communauté.

A lire également une serie de billets sur Guam's blog

mercredi 25 février 2009

Réputation online... 7 dirigeants sur 10 s'en préoccupent !

... Voilà le constat tiré de l'étude Weber Shandwick / The Economist Intelligence Unit sur la base d'une étude portant sur un panel de plus de 700 de cadres dirigeants d'entreprises dans 62 pays (la version complète en anglais est accessible ici). 7 dirigeants sur 10, une preuve que la question du management de la réputation dont une part croissante se joue sur internet, même si on a déjà dénoncé ici même la confusion qui consiste à considérer qu'il existe une réputation online et une réputation offline. La mauvaise nouvelle ? Ils ne sont que 10% à penser que les blogueurs sont des "faiseurs" de réputation. La conclusion de l'étude propose une liste de 15 "réalités", assorties de 15 règles pour améliorer la gestion de la réputation de son entreprise.

Les principales conclusions de l'étude :
  • 67% des sondés considèrent qu'internet peut menacer la réputation de leur entreprise
  • 98% des sondés considèrent qu'internet impact la réputation des entreprises mais seulement 57% estiment qu'internet suffit pour évaluer la réputation d'une entreprise
  • La majorité des dirigeants sondés accordent plus d'attention à la réputation de leur entreprise que le leur réputation personnelle (c'est très dicutable puisque le critère retenu était de faire une recherche sur son nom... plutôt rassurant de découvrir que les cadres dirigeants ne sont pas des êtres narcissiques qui passent leurs journées à se googliser !)
  • 100% des patrons (CEOs) sont préoccupés par la réputation de leur entreprise mais ne considèrent pas celle-ci comme menacée, contrairement à leurs subordonnés
  • Les cadres s'intéressent beaucoup à la "réputation" de leurs concurrents et profitent des nombreuses sources d'informations disponibles (feedback clients, insights...)
  • Les sondés attribuent un impact plus important aux médias traditionnels dans leur réputation
  • Le site corporate de l'entreprise est un élément clé, même s'il est avant tout considéré comme imperatif d'en posséder un
Les risques identifiés par les top managers :
  • Les fuites (41%)
  • Les critiques d'employés ou d'anciens salariés (41%) - l'executive summury ajoute même qu'avec les plans sociaux et la crise, les détracteurs seront encore plus nombreux et actifs -
  • Les emails qui se perdent (87%)
Les solutions envisagées :
  • Tenir compte et gérer le climat social (46%) - l'étude évoque les études de satisfaction internes - car les salariés motivés et impliqués sont les meilleurs avocats et les plus brillants ambassadeurs d'une entreprise, des sentinels de la réputations autonomes et convaincus
  • Veiller aux commentaires sur l'entreprise dans les médias traditionnels (42%)
  • Veiller aux commentaires sur la toile (38%)
  • Seulement 10% des cadres considèrent les blogs comme un vecteur de réputation qu'il est important de prendre en compte

Source : Blogs et IE

vendredi 13 février 2009

Social Media Influencers Predictions 2009 By Trendsspotting

Bien que l'exercice de prévision ne soit toujours incertain, on aime bien que les experts se mouillent en partageant leurs intuitions. Trendsspotting a donc interrogé certains des blogueurs de la sphère marketing, internet et communication et nous livre, via une présentation slideshare, les prévisions de prestigieux "influenceurs", des observateurs avertis doublés de professionnels reconnus pour la plupart. Rendez-vous fin 2009 pour faire le point sur ces pronostics.

mercredi 28 janvier 2009

Troll : le prix de la conversation ?

Comme l'analysait récemment François sur Internet & Opinion, il n'est pas facile de faire du particpatif, de générer de la participation, du commentaire. Les skyblogs l'ont bien compris et les teenagers ne s'y sont pas trompé : pour exister il faut être lu, et pour avoir l'air d'être lu il faut des commentaires qui eux mêmes généreront des commentaires.

Quand on s'intéresse à d'autres blogs, la question est la même. Un expert se doit d'être lu et commenté par ses pairs, question de crédibilité. Étrangement, si tout oppose un skyblog et un superbe blog pro sous wordpress et un skyblog de collegien, la problématique est la même... et les stratégies sont similaires, sauf qu'elles sont plus facilement affichées chez les plus jeunes, comme l'illustre ce service d'échange de commentaires
lachetes.com qui promet "10 coms sur ton blog tout de suite !".

Troll or not Troll ?
L'ère de la conversation, c'est aussi parfois l'ère du blabla et pour un commentaire intéressant ou éclairant combien de commentaires intéressés ou inintéressants ? En matière de conversation, les forums ont une longueur d'avance puisqu'ils n'ont pas attendu le web 2.0 pour exister. Ils ont donc un bagage conceptuel qui s'adapte bien aux blogs et site communautaires, et dans le cas des commentaires, le concept de Troll est particulièrement approprié (d'autant que d'une certaine manière chaque billet peut se transformer en forum éphémère).

Le terme troll provient de l’expression trolling ou pêche à la traîne qui est une ligne munie d’hameçons, les remarques polémiques constituant un troll étant considérées, métaphoriquement, comme des appâts destinés aux contributeurs qu’on veut hameçonner. Les personnes se rendant coupables de trolling ont été appelées, progressivement, des Trolls, en allusion aux monstres laids et déplaisants de la mythologie nordique ; par ailleurs, dans le jeu Donjons et Dragons, les trolls ont une capacité de régénération, les membres découpés repoussent en quelques heures, la comparaison avec les fils de discussion qui se multiplient est d’autant plus judicieuse.

Dans son numéro hors-série Geek, Technikart nous livre sa typologie des Trolls :
  • L'Egotroll : le seul but de son intervention est de renvoyer vers son site ou son blog qui s'affiche en lien
  • Le troll brutal : il cherche à tout prix à lancer la polémique par tous les moyens
  • Le troll pervers : un message en apparence normal qui contenant une perfidie ou une maladresse visant a susciter une réaction, comme une faute d'orthographe
  • Le troll militant aussi surnommé "Fatal flatteur" (a un lien de consanguinité avec le Fanboy)
Alors, vrai commentaire ou troll ? contributif ou intéressé ? flatteur ou enthousiaste ? Troll intentionnel ou accidentel ?