Web 2.0, Opinion, Marketing & Communication

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mardi 13 novembre 2007

Les utilisateurs de Facebook en hommes sandwich... pas si sûr !

Facebook n’a pas fini de susciter des débats… Entre ceux qui jugent qu’il faut quitter la plateforme, ceux qui ironisent sur le ciblage publicitaire hasardeux, ceux qui ne disent rien (mais n’en pensent pas moins) et ceux qui ne savent pas quoi en penser, il y a du bavardage en vue d'autant que la légalité du dispositif n'a pas l'air garantie.

Ici même j’avais déjà relayé l’analyse d'un expert publiée par Advertising Age. Le dévoilement du dispositif publicitaire conçu par la bande de veinards qui dirige cet OVNI n’aura fait que relancer un débat pourtant pas nouveau du tout : la publicité comme seule source de financement de services online implique une utilisation marchande des ressources monétisables (audiences et les informations qui s’y rattachent). À la lecture du Monde de ce Week End et de l’article Le site Facebook vend le profil de ses internautes aux publicitaires, il est difficile de ne pas se souvenir que Google fait de même depuis longtemps. Finalement, n’est-on pas en train d’assister à un processus bien connu : une start-up aux allures quasi-désintéressées dotée d’un modèle économique incertain propulsée par un succès phénoménal qui se met à penser business, monétisation, audience… On est bien loin de l’esprit fondateur et c’est plutôt normal, ce qui change c’est que facebook est probablement en possession du fichier le plus complet et détaillé du monde.

Des hommes-sandwich gratuits ?
Il reste quand même un argument, souvent utilisé pour promouvoir la publicité selon Facebook qui me laisse sceptique bien que crédible… sur le papier. L’idée du fondateur Mark Zuckerberg, c’est d’ « aider vos marques à faire partie des conversations quotidiennes », idée renforcée par les spécialistes interrogés dans les médias : avec Facebook, ce seront les internautes qui deviendront les ambassadeurs des marques… Mais pour quoi faire ? C’est une question idiote mais les marques qui ont une forte « Talk value » comme Apple n’ont pas besoin de payer. Le buzz est un phénomène assez spontané, même s’il est possible d’allumer les bonnes mèches aux bons endroits, ça vient de la base, ça ne se décrète pas. Donc pourquoi porter la bonne parole ? En tout cas pas avec des coupons de promotions comme on l’entend parfois.

Gare à l'effet boomrang
En termes d’audience, c’est indiscutable, Facebook draine du monde et la tendance à la hausse ne se dément pas. En faisant l’impasse sur ma remarque concernant l’intérêt que des internautes peuvent avoir à faire le porte-voix des marques, reste que l’idée selon laquelle une information commerciale provenant d’un ami a plus de valeur qu’une information commerciale sur bannière est seulement à moitié vraie… (On pourrait juste dire qu’une bannière sur Facebook ne sert à rien) et en même temps très faux car c’est mal connaître Facebook que de penser que des friends sur Facebook sont des amis avec la considération qui va avec. J’ai eu l’occasion d’utiliser facebook pour promouvoir un événement. Sur facebook, et dans certaines conditions, le risque n’est pas de rater sa cible mais plutôt de la bombarder de façon intensive et involontaire, par ricochet : on lance quelque chose avec un fond et une forme adaptées ensuite ce n’est plus du ressort de l’auteur de l’action (marque, entreprise, agence…), Les internautes prennent le contrôle de l’info se la passent, la commentent, la renvoient avec des jeux de recoupement qui peuvent faire que certaines personnes reçoivent le même message de multiples fois… D’où la possibilité d’un effet boomerang avec un Web social aussi réactif que versatile. Si une marque crée son profile, lance des campagnes et des messages… Elle peut susciter involontairement des anti-messages, des critiques voir pourquoi pas un groupe d’antis ! Le jeu en vaut-il la chandelle ? Là où Second Life était relativement confidentiel, car peu fréquenté, Facebook mobilise très rapidement et tout se sait. Les premiers clients de ces nouvelles offres auront intérêt à être prudents, sous peine de se retrouver sur Hatebook !



jeudi 12 juillet 2007

Le temps c’est pas que de l’argent, c’est aussi de l’attention (monétisable)

Les labo HP viennent de publier une étude statistique très sérieuse sur le phénomène de dispertion virales des actualités via la plateforme Digg. Elle montre l’interdépendance entre le facteur popularité et le facteur nouveauté d’une news (ils ont étudié des milliers de « stories »).

Cette analyse constitue une première car elle fournit des informations empiriques sur la dispersion virale à une échelle très importante : les comportement d’un million d’utilisateurs de Digg a été ausculté. De plus, l’étude complète les analyses en psychologie comportementale menées sur des individus ou de petits groupes de manière expérimentale.

Le principal constat est le suivant : la diffusion d’un message sur le principe du bouche-à-oreille devrait être une fonction exponentielle (plus il y a de personnes qui connaissent une news, plus il y a de relais potentiels). Une personne identifie une histoire, la propose, d’autres personnes la découvrent et si elles la trouvent intéressante, elles la relayent. La question est donc de savoir, dans cette évaluation intuitive de l’intérêt d’une news, quel est le poids du facteur temps. On se doute qu’il est important, une actu d’avant-hier n’est plus une actu et on lit rarement le journal de l’avant veille (sauf raison précise).

Le fait est qu’en moyenne, le délais au delà duquel une news perd son attractivité et sa capacité à être relayée, est de 69 minutes. Une heure de croissance… pour ensuite devenir une longue traine (Long Tail) assez classique. Une nuance cependant, la thématique de la news est déterminante sur la durabilité de l’attention. Après ça, comment dire qu’on ne vit pas dans un monde d’instantanéité et d’immédiateté. Tout a une date de péremption, pour une actu sur Digg, c’est donc une heure, mieux vaut bien la choisir.

Dans une perspective de marketing viral ou buzz marketing, cette étude souligne l’importance fondamentale du timing qui devient un aspect déterminant de la stratégie ainsi qu’un critère pertinent d’évaluation d’une action de communication virale.

Pour obtenir l'étude complète c'est par ici.

lundi 21 mai 2007

Cartographie d'un réseau social en 2 clics


Voilà un outil incroyable... Créez une cartographie d’un site ou d’un blog en quelques secondes grâce à une application en ligne.

C’est extrêmement simple, entrez l’URL du site/blog dont vous souhaitez cartographier l’écosystème et regardez le réseau en grappe se dessiner sous vos yeux. Un seul défaut : le graph n’est pas cliquable. Pour l’anecdote c’est déjà utilisé comme outil de promotion par certains bloggers comme Sophie Ménart. Il y en a déjà 2387 sur FlickR.

C’est un outil en open source (libre de droits) dont les code source sont disponibles gratuitement.

Testez le sur : Websites as graphs

Voilà un exemple de ce que l'on peut obtenir avec 2 exemples glanés sur FlickR.

mercredi 2 mai 2007

Réseaux sociaux : les niveaux d'influence (1)


Pyramide
Originally uploaded by enjoyer_5.
Quand on pense et quand on parle du web 2.0, les mêmes concepts reviennent systématiquement : démocratie, participatif, égalité. Pourtant, la blogosphère de même que toute la galaxie Internet 2.0 est loin d’être un univers où tous les internautes sont égaux. Des blogueurs ultra-influents comme Tim O’Reilly aux milliers de blogueurs anonymes qui constituent le gros des troupes, il existe un grand fossé mais aussi une articulation qui fait la force des réseaux sociaux online. Cette architecture des réseaux est fondamentale pour prendre la parole efficacement dans une perspective de communication adaptée et intelligente.
Il existe plusieurs niveaux d’influence au sein de la blogosphère, une hiérarchie des acteurs. Globalement, et contrairement aux idées reçues, les fondements de l’influence reposent moins sur des critères de contenus (bien que ceux-ci soient essentiels) que sur des critères de relation et de liens tissés entre les membres d’une ou plusieurs communautés. On peut ainsi distinguer 4 types d’acteurs selon le nombre de liens sur la toile qui renvoient à leur blog ou leur site Internet.

Comme l’illustre ce schéma conçu par David Armano, publié sur son Blog Logic + Emotion, les blogueurs ne sont pas égaux. De fait, l’influence des médias (dont la relativité mise en lumière par l’école de Francfort reste totalement valide) fonctionne de la même manière que pour les mass medias : le plus fréquenté est le plus influent ! Cette évidence mérite d’être rappelée mais aussi d’être nuancée car, et c’est l’objet de ce blog, cette hiérarchie ne nie pas le rôle des niveaux inférieurs. Mais rend compte d’un facteur essentiel, pour être visible et accessible, le nombre de lien est un facteur crucial car il détermine en grande partie le niveau de référencement dans les moteurs de recherche. Or, il a été démontré clairement que le ranking dans les moteurs de recherche a une importance primordial dans la diffusion des messages.

  1. Au sommet de la pyramide de l’influence on trouve les stars du web 2.0, ceux dont le site est référencé et indexé plus de 1000 fois sur la toile.
  2. Le niveau 2 désigne les acteurs dont l’influence est également importante même si leur rayonnement est moindre, ils sont cependant plus nombreux que les premiers. Leurs blogs sont référencés par au moins 500 liens à travers le web.
  3. Le niveau 3 est un niveau pilier. Il est constitué des internautes dont le support d’expression est identifié par au moins 200 liens. Nombreux, ils animent les communautés et en constituent, de par leur nombre et leur diversité, le cœur de la blogosphère.
  4. Le dernier niveau est composé des acteurs dont le blog est identifié par 100 liens. Véritable vivier, c’est la population la plus importante de la blogosphère. Très active elle est également peuplée de stars de web en devenir. Souvent ignorée, cette population fourmille de relais d’opinion cruciaux. Se sont eux qui font les stars du web en listant les blogs qu’ils aiment et auxquels ils se réfèrent. Ils sont des leaders d’opinion de proximité, l’équivalent virtuel des « Bro’ in » du marketing viral.

Cette analyse est limitée car elle ne prend pas en compte des critères qualitatifs tels que la ligne éditoriale, l’énonciation, les contenus… Elle se révèle cependant intéressante car elle identifie les acteurs de façon objective, chose qui reste difficile dans la profusion de supports et le coté touffu des communautés. Il est également possible de critiquer le critère retenu, non pas sur le fond, mais sur les valeurs retenues. Il est certain que celles-ci n’ont pas une validité permanente. À mesure que le Web 2.0 se développera et se popularisera, la sphère d’influence des acteurs et l’évaluation de celle-ci ne pourra rester statique. Il faudra sans doute la mettre à jour car il y a fort à penser que des niveaux intérmédiaires peuvent être envisagés et que la pertinence du nombre de liens évoluera. On trouvera peut-être bientôt des superstars du net relayés par des milliers de supports et communautés virtuelles.