Web 2.0, Opinion, Marketing & Communication

dimanche 21 octobre 2007

Un Monde de com



Après la disparition d'Arrêt sur Image des ondes... et le remplacement (?) par la soporifique émission de Paul Amar, il reste pas beaucoup d'espace pour la remise en question le flot perpétuel de communication qui nous alimentent et participent à une forme de conditionnement (pas forcement malveillant). Monde de com est une chronique sur Radio Nova (et disponible en podcast ici) qui tente de faire ce travail d'analyse et de remise en question pourtant très salutaire pour mieux appréhender les médias. C'est court et plutôt bien fait... Sinon, il y a toujours Sonar, ces séquences bien ficelées et caustiques, à peu à la Caroline Cartier sur Inter.

Sonar "Le divorce"



Monde de Com
du 17 octobre

mardi 2 octobre 2007

Trop beau pour être vraiment un cadeau

Les journalistes et les bloggeurs sont des gens très fortement sollicités… Ils reçoivent des centaines de communiqués de presse, des dizaines de dossiers de presse et à peu près 2/3 appels par document envoyé. C’est dire si émerger dans ce flot continu d’informations, de produits, d’objets, de teasing est une gageure pour tout responsable communication / marketing. Alors l’exercice devient de constituer le press kit (entendez un pack contenant le dossier de presse et une goodies d’une valeur plus ou moins importante). Dans la surenchère actuelle, chacun y va de sa contribution. Le problème c’est que là où l’existence de ces press kit restait confidentielle, et ou chaque journaliste décidait en son âme et conscience s’il acceptait ce « cadeau » en admettant qu’il n’y a pas de don sans contrepartie, nous sommes dans une ère où l’étanchéité des réseaux sociaux est de plus en plus évanescente. Les bloggeurs font des piges et les journalistes bloguent ce qui fait que la sollicitation RP est désormais largement étalée sur la place publique (voir par exemple chez Damien De Blignières ce post sur Mandellia). Il y a toujours quelqu’un pour (d)énoncer telle ou telle approche. Il faut dire que certaines démarches nourrissent cette méfiance par la mauvaise qualité de leur ciblage… Mais ça c’est une autre question (à laquelle Laurent offre une excellente illustration).

J’ai découvert avec intérêt ce post de Lâm (Monsieurlam.com) qui décrit avec détails l’incroyable press kit de lancement du jeu Halo 3 (voir la vidéo ci-dessous). Dans le fond pas étonnant que sur un tel lancement Microsoft ait mis le paquet (on aura relevé le vidéo canon qu’ils ont créé avec McCann, la campagne avec TF1 Publicité en média et en hors média…). C’est un lancement important, pour un produit phare qui a mobilisé un budget digne d’une superproduction… et devrait générer encore bien plus de chiffres. Mais le plus intéressant c’est pas tellement la façon dont ce journaliste justifie qu’il accepte son cadeau (il en a bien le droit et j’en aurais sûrement fait autant) mais plutôt l’inventaire qu’il dresse des choses qu’il a reçues à ce jour. Je vous laisse apprécier : « des jeux, des tshirts, des places de concerts, des strings, des gamelles pour chien, des préservatifs, des volants de voiture, un bout de viande, des accessoires tuning pour voiture, une parodie de Voici, des clefs USB, des parkas, des dogtags, des hamacs, des stéthoscopes, du lait concentré, des faux doigts coupés des bonnets et même une clef à molette ensanglantée ».

Le grand déballage du press kit



Et le press kit d’Halo 3 ? Il ne déroge pas à la règle : il est énorme. Toujours dans les mots de Lâm « Une console collector, des pads collector, le jeu collector, des kits de survie sûrement collector » soit un cadeau d’une valeur de 750€. Mais le plus intéressant c’est d’où sort ce chiffre : il est fièrement affiché sur le sac ! De fait le message transmis par ce portage est double :
  • C’est un lancement à ne pas rater
  • On a investi 750€ sur vous ! (Votre papier parviendra t'il a challenger ce montant en équivalant achat d'espace ?)

Alors certains ont été choqués par cette démarche, peut-être trop ostensiblement corruptive avec son étiquette qui donne la valeur du cadeau, ou serait-il plus adapté de parler de dotation puisque sur un cadeau on cache le prix…

lundi 24 septembre 2007

Des pensées en images... visual thinking

Comme je suis un inconditionnel de son blog et de ses merveilleux schemas sur les mécanismes d'opinion du web 2.0, voilà la dernière mouture de la bibliothèque de visuels de David Armano (Logic + Emotion). Utiles, ludiques et généralement inspirés, ses visuels parviennent à exprimer en peu de mots des choses qui pourraient nécessiter de noircir des pages et des pages de papier.

vendredi 21 septembre 2007

La technologie façon Michel Gondry

Michel Gondry a vraiment beaucoup de talent… ça, j’avoue que ce n’est pas nouveau pour ceux qui connaissent ses créations (clips pour Bjork, docu Dave Chapelle’s Block Party…). Par contre ce qui est nouveau c’est que son talent créatif commence à être vraiment reconnu et exploité intelligemment par des marques qui n’ont pas peur d’une créativité débridée et joyeuse. Deux belles campagnes signées Michel Gondry donc, l’une pour HP (voir sur Digital Mindset, le blog d’Eric Kintz) et une seconde pour Motorola que je trouve géniale. Séguéla disait « moins de test, plus de testicule », on pourrait dire ici, moins de tests plus de créativité.

Michel Gondry pour Motorola



L'ordinateur personnel pour HP



Je ne me lancerai pas dans une analyse alambiquée de ces campagnes, mais c’est agréable de voir des marques high tech oser faire des choses différentes. Moins lisses, propres et sans aspérité que la plupart des autres, Apple inclus. Enfin en matière de créativité, chacun sa sensibilité mais cette manière de développer un univers propre est très rafraichissante.

jeudi 20 septembre 2007

Les réseaux sociaux, une opportunité pour les causes humanitaires ?

Pas si sûr quand on regarde l’argent levé par l’application «causes » de Facebook, la star montante du social networking. Pourtant les perspectives pouvaient apparaître prometteuses : un espace virtuel, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, affinitaire, peuplée majoritairement de jeunes urbains éduqués et technophiles. Mais pour rebondir sur un billet d’Adam Kesher, la question de l’intérêt économique de la présence d’ONG sur les plateformes mérite d’être posée. On le sait, sur facebook on est dans espace paradoxal avec une implication personnelle à la fois intime et superficielle.

Combien ça rapporte à une cause d’être sur facebook
(41 000 000 de membres actifs selon Mashable) ?
Une question légitime pour des causes qui ont des besoins permanents de financements… Force est de constater que ça ne rapporte pas beaucoup d’argent. Si on fait un rapide calcul, pour les 5 causes les plus populaires de cette plateforme la moyenne des dons est bien inférieure à 1$.
  • La lutte contre le cancer du sein : 1 605 878 membres pour 33 520 $ collectés soit 0,02$ par membre
  • La lutte contre le réchauffement planétaire : 705 670 membres pour 9 756 $ collectés soit 0,01$ par membre
  • La lutte pour les droits des animaux : 605 033 membres pour 10 158 $ collectés soit 0,01$ par membre
  • Save Darfur : 501 191 membres pour 36 789 $ collectés soit 0,07$ par membre
  • Lutte pour l’interdiction des combat de chiens : 310 091 membres pour 11 821$ collectés soit 0,3$ par membre
Je ne critique pas cette passivité d’autant que si vous regardez attentivement, vous pourrez voir que mes « scores » sur l’application Causes visibles dans la capture d’écran ci-dessous sont de 0 recrutements et de 0$ de dons... Mais je trouve ce constat intéressant parc qu’il montre bien la particularité de la socialité de facebook. C’est quoi un friend facebook ? c’est quoi l’engagement sur facebook ? Pour l’essentiel c’est juste un clic en réponse à une sollicitation d’un « friend » que l’on ne connaît parfois même pas (sûrement plus que parfois pour les gens qui ont plusieurs centaines voir milliers de « friends »).



Pas de l'argent mais... de l'adhésion !
Pourtant, si ces plateformes ne permettent pas de lever efficacement des dons, elles sont quand même des outils d’opinion intéressants. C’est un peu comme une pétition permanente, un blanc seing. Des causes qui peuvent revendiquer plusieurs centaines de milliers de supporters en ligne peuvent très bien s’en servir comme d’une arme de lobbying, une preuve que la cause bénéficie d’une assise populaire et durable… C’est également un levier de mobilisation très puissant. Tous ces adhérents virtuels sont comme des cellules dormantes qui peuvent être activées à tout moment. C’est la technique des alliés, comme en communication de crise. On se tisse un réseau d’amis afin de pouvoir bénéficier de leur soutien quand la situation le justifiera. Reste à voir si ces causes sauront faire un usage pertinent de ce bras armé en sommeil.

C'est finalement cette démarche de recrutement d'alliés qui semble la plus pertinente sur facebook. Les entreprises et les marques peuvent aussi établir leur réseau et définir une forme de relation adaptée : proximité, respect... en trouvant un rythme et en donnant du sens à cette existance online. Car en temps de crise, avoir des alliés visibles c'est une condition essentielle pour faire entendre un autre point de vue que les attaques et les polémiques.