Web 2.0, Opinion, Marketing & Communication

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mercredi 21 janvier 2009

Et si les marques avaient des sensibilités politiques ?

Qu'il s'agisse d'un artiste ou d'une marque, la question est toujours de séduire le plus grand nombre. Il est donc habituellement conseillé de ne pas mêler business et politique. Trop clivant trop risqué. Mais parfois l'enthousiasme l'emporte, c'est un peu la victoire de l'émotion sur la raison. En ce qui concerne l'émotion, la période est plutôt propice aux épanchements (sauf chez nos amis financiers, toujours soucieux de maintenir leur cynisme en toutes circonstances). Coup de folie ou coup d'audace ? Pepsi n'a pas hésité à afficher son enthousiasme suite à l'élection d'Obama à travers une campagne d'affichage dans la ville de Washington à l'occasion du discours d'investiture qui a attiré hier plus de 2 000 000 de visiteurs.



D'ailleurs, ce n'est pas le premier coup d'éclat car la marque a aussi exploité le web avec le site refresheverything.com invitant les internautes à mettre en ligne une vidéo "lettre ouverte" à destination du président, dont la plus célèbre a déjà fait le tour des médias.



Je trouve l'idée sympa. D'une certaine manière pour séduire, il faut aussi des aspérités, des goûts et des préférences ! De plus, les collaborateurs de Pepsi ont très tôt manifesté leur soutien pour le candidat Obama. Si en plus c'est un outil qui se met au service de la cohésion interne !

Plus de visuels sur Advert Showroom

mardi 10 juin 2008

Euro RSCG C&O plaide pour la transparence sur wikipedia, et propose le label NDLE

Selon Challenges, Euro RSCG C&O vient de publier une étude qui démontre l'importance de Wikipedia et son impact potentiel sur l'image des entreprises, en l'occurence celles du CAC 40. On notera simplement que nos amis d'internet & opinion (mais pas seulement, voir chez PR2Peer) soulignent depuis déjà quelques temps l'importance de ce média social tant décrié pour ce qui est inscrit dans son ADN : sa dimension collaborative.

Que nous apprend cette étude ?
Selon Challenges, l'étude souligne le fait que Wikipedia bénéficie d'un référencement favorable sur Google d'où un risque d'image important... avec des informations potentiellement érronées qui pourraient peser sur la réputation des entreprises (je ne dirais pas "grandes" ou "du CAC 40"car même un boucher de quartier peut faire l'objet d'une fiche Wikipedia). Sur ce constat, c'est incontestable, mieux vaut veiller à son image sur l'Enyclopedie 2.0.

Mais au risque d'avoir l'air un peu critique, je me demande si le plus mauvais coup porté aux entreprises et à leur crédibilité sur Wikipedia ne vient pas des entreprises elles-mêmes avec les phénomènes de manipulation, cette fois-ci en faveur des intéressés.

Pour un label NDLE ?
Fort de ce constat, le journaliste de Challenge ajoute que l'agence propose la création d'un label NDLE (ou note de l'entreprise). Cette idée, si elle avait émergé avant le scandale des fiches bidonnées, aurait certainement remporté mon adhésion. Mais cet épisode a mis en exergue une pratique normale et courante de la communication des entreprises : hierarchiser l'information, travailler les messages, mettre certains éléments sous les projecteurs, éviter d'en aborder d'autres, donner un spin positif à un fait potentiellement défavorable... Sauf que l'idée d'un label visible implique la transparence vis-à-vis du lecteur. La question devient alors de savoir si la communication et la façon dont elle est pratiquée peut supporter la transparence (on le souhaite, mais l'opinion est peut-être un peu plus sceptique). Le public est conscient que les communicants, s'ils ne mentent pas, ne disent que ce qui les arrange et de la manière la plus favorable. Dès lors, quelle peut être la crédibilité d'une modification perçue comme partiale et intéressée ce qui contrevient au principe même de Wikipedia ? Je ne crois pas. C'est comme pour les liens sponsorisés sur Google ou la pub sur facebook, on va finir par ne même plus les remarquer.

S'il est certain que les entreprises ne peuvent pas se permettre de négliger Wikipedia, je ne sais pas si cette approche suffira à régler le problème. Pourquoi avoir besoin d'un label si les modifications apportées/suggerées sont validées par la communauté wikipedia ? Le problème vient sans doutes plus de la nature des modifications apportées que de la personne physique ou morale qui est derrière le clavier.

Edit : l'étude est accessible sur le blog de Stéphane Guerry qui présente la démarche de l'agence. Voir aussi le billet d'un "Wikimedien" sur le blog Double redirection.

vendredi 6 juin 2008

Communications et nouvelles technologies, ne pas oublier le prix de la rupture

Dans le domaine des nouvelles technologies, on observe qu'entre des technophiles trendsetters early adopters ultra connectés et une personne qui attend encore que l'ADSL atteigne sa région il y bien plus qu'une fracture numérique. Ce n'est pas tellement lié au fait que certains voudraient à tout prix avoir le dernier iPhone, le nouvel Eee PC et d'autres qui auraient envie de rester figé à l'âge du minitel et du Beebop. En réalité, alors que les constructeurs s'évertuent à valoriser le bénéfice client, le discours n'entre pas en résonance du côté des publics les moins technophiles. Certains pourront penser "Mais pourquoi refusent-ils le progrès ?", la vérité est que derrière chaque rupture technologique, et au-delà des bénéfices avancés, les consommateurs se posent une autre question : quel est le prix de cette rupture technologique ?


En lisant GQ, magazine dans lequel je ne pensais honnêtement pas trouver ce type de papier, Raphaël Suire (Maitre de conférence en économie à Paris 1) évoque la théorie du "Switching cost" qu'il définit comme "ce que le consommateur est prêt à endurer pour changer de technologie". Je crois que cette notion est fondamentale dans une perspective de communication. Si l'adoption d'un changement constitue une prise risque pour le consommateur, l'assommer de promesses et de bénéfices client le rassure t’il ? D'ailleurs, on observe que ce risque peut être essentiellement psychologique. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les efforts déployés par les constructeurs de consoles Sony et Microsoft et l'importance de la restro-compatibilité... alors que très peu de gamers ressortent des placards leurs vieux jeux.




Finalement c'est un peu comme reveiller le Luddite qui sommeil en chacun de nous : pourquoi changer si ce n'est pas obligatoire ? Quel intérêt ? Ce n'est qu'une fois désamorcée la source d'anxiété que le consommateur se sentira réellement en position d'arbitrer, et de savoir s'il est réellement utile d'engager ses deniers dans le nouveau gadget High Tech.

mardi 2 octobre 2007

Trop beau pour être vraiment un cadeau

Les journalistes et les bloggeurs sont des gens très fortement sollicités… Ils reçoivent des centaines de communiqués de presse, des dizaines de dossiers de presse et à peu près 2/3 appels par document envoyé. C’est dire si émerger dans ce flot continu d’informations, de produits, d’objets, de teasing est une gageure pour tout responsable communication / marketing. Alors l’exercice devient de constituer le press kit (entendez un pack contenant le dossier de presse et une goodies d’une valeur plus ou moins importante). Dans la surenchère actuelle, chacun y va de sa contribution. Le problème c’est que là où l’existence de ces press kit restait confidentielle, et ou chaque journaliste décidait en son âme et conscience s’il acceptait ce « cadeau » en admettant qu’il n’y a pas de don sans contrepartie, nous sommes dans une ère où l’étanchéité des réseaux sociaux est de plus en plus évanescente. Les bloggeurs font des piges et les journalistes bloguent ce qui fait que la sollicitation RP est désormais largement étalée sur la place publique (voir par exemple chez Damien De Blignières ce post sur Mandellia). Il y a toujours quelqu’un pour (d)énoncer telle ou telle approche. Il faut dire que certaines démarches nourrissent cette méfiance par la mauvaise qualité de leur ciblage… Mais ça c’est une autre question (à laquelle Laurent offre une excellente illustration).

J’ai découvert avec intérêt ce post de Lâm (Monsieurlam.com) qui décrit avec détails l’incroyable press kit de lancement du jeu Halo 3 (voir la vidéo ci-dessous). Dans le fond pas étonnant que sur un tel lancement Microsoft ait mis le paquet (on aura relevé le vidéo canon qu’ils ont créé avec McCann, la campagne avec TF1 Publicité en média et en hors média…). C’est un lancement important, pour un produit phare qui a mobilisé un budget digne d’une superproduction… et devrait générer encore bien plus de chiffres. Mais le plus intéressant c’est pas tellement la façon dont ce journaliste justifie qu’il accepte son cadeau (il en a bien le droit et j’en aurais sûrement fait autant) mais plutôt l’inventaire qu’il dresse des choses qu’il a reçues à ce jour. Je vous laisse apprécier : « des jeux, des tshirts, des places de concerts, des strings, des gamelles pour chien, des préservatifs, des volants de voiture, un bout de viande, des accessoires tuning pour voiture, une parodie de Voici, des clefs USB, des parkas, des dogtags, des hamacs, des stéthoscopes, du lait concentré, des faux doigts coupés des bonnets et même une clef à molette ensanglantée ».

Le grand déballage du press kit



Et le press kit d’Halo 3 ? Il ne déroge pas à la règle : il est énorme. Toujours dans les mots de Lâm « Une console collector, des pads collector, le jeu collector, des kits de survie sûrement collector » soit un cadeau d’une valeur de 750€. Mais le plus intéressant c’est d’où sort ce chiffre : il est fièrement affiché sur le sac ! De fait le message transmis par ce portage est double :
  • C’est un lancement à ne pas rater
  • On a investi 750€ sur vous ! (Votre papier parviendra t'il a challenger ce montant en équivalant achat d'espace ?)

Alors certains ont été choqués par cette démarche, peut-être trop ostensiblement corruptive avec son étiquette qui donne la valeur du cadeau, ou serait-il plus adapté de parler de dotation puisque sur un cadeau on cache le prix…

vendredi 31 août 2007

Google tente de s'humaniser, pour répondre aux attaques

C'est bien connu, Google fait peur. Depuis des mois, les attaques se multiplient à l'endroit du leader incontesté de la recherche sur internet. Après le scandale de la période de conservation des données personnelles des utilisateurs, la délation des rebels chinois aux autorités, les soupçons de big brotherisation du web... La maison dont la signature est "Do no evil" peine à bénéficier d'une aura positive (cela dit, ça n'empêche pas Google de renforcer sans cesse sa suprématie sur internet). Cette vague de critique a peut-être atteint son paroxysme dans les colonnes du LATimes qui compare Google au diabolique Oussama Ben Laden (à lire sur le blog d'Emmanuel Parody).

Vu, chez Gaétan, cette campagne très Web 2.0 et très sympa tente d'humaniser le monstre tentaculaire et obscur. Finalement, après avoir vu cette vidéo, on se dit qu'en fait Google n'est pas un monstre électronique fait de serveurs et de câbles mais une organisation joyeuse faite d'hommes et de femmes... Rien de bien méchant en somme.

mardi 21 août 2007

Et si on devait beaucoup au hasard

Le hasard, maître du jeu ?
C’est le thème du dernier numéro de Sciences & Vie. Aucun rapport avec la communication à première vue… mais la lecture de ce dossier (riche et intéressant) rappel le rôle fondamental du hasard et de l’aléatoire dans bien des domaines. De fait, dans les métiers de la communication et du marketing, on touche souvent du doigt cette dimension aléatoire des phénomènes sociaux. Pourquoi telle campagne est un succès et telle autre pas alors qu’elles jouaient sur le même registre ? Pourquoi le buzz se porte sur telle marque plutôt que telle autre ? On parvient, généralement à posteriori, à identifier des explications mais la recette d’un succès reste une alchimie complexe ou le hasard semble jouer un rôle prépondérant (voir également le travail de Sylvain Weber sur la dispertion virale d'une vidéo)

Le problème de la communication, c’est que comme on ne pratique pas une science exacte il est toujours nécéssaire de légitimer et de crédibiliser… en développant un discours de la maitrise qui prend souvent des airs scientifiques. C’est à la fois une nécessité et une source d’incompréhension qui entretient certains clichés sur les communicants : en valorisant une maîtrise des mécanismes sociaux et d’opinion, on laisse entendre que le succès est garanti… Pourtant, même quand les conditions sont réunies il arrive que le public ne soit pas au rendez-vous. Et le communicant de passer à nouveau pour un bavard bonimenteur, un marchand de rêve.

Un enjeu de pédagogie
C’est un véritable enjeu de pédagogie qui incombe aux communicants : promouvoir le professionnalisme tout en conservant un discours réaliste sur les limites du métier. Un communicant n‘est pas un magicien ni un gourou. Sa compétence n’est pas manipulatoire, c’est pourquoi il ne peut pas laisser entendre qu’il est capable de garantir le succès. Comme l’écrivait Bernard Emsellem dans Le Capital Corporate « On ne peut pas faire adhérer », par contre on peut créer les conditions favorables à l’adhésion. Je crois que c’est autant valable dans la communication online que dans les médias traditionnels et même communication hors médias.

Pourtant, il n’est pas question de se discréditer, il y a de véritables expertises en communication. Le planning stratégique et la prospective par exemple sont des sciences molles par excellence. Pourtant ces activités ne sont plus le propre des agences de pub et s’étendent largement dans les RP : les planneurs ne seront jamais des voyants. Ils n’ont pas de boule de cristal pour lire l’avenir mais ils permettent de réduire l’incertitude et la part de hasard sans jamais l’éradiquer complément. Il faut l’avouer, et peut-être manier une rhétorique plus modeste.

Oui mais…
Oui mais comme le souligne le magazine Science & Vie, les êtres humains ne supportent pas l’incertitude et le hasard. C’est une source d’inconfort, de gêne insupportable que la nature nous a appris à repousser, à nier et à occulter. Cette source d’inconfort intra-psychologique est donc d’autant plus insupportable si elle est projetée dans le monde de l’entreprise dont une des contraintes essentielles est la maîtrise des risques et de leurs conséquences. Je ne crois pas que le comblement du fossé qui sépare les discours et la réalité des métiers de la communication ne se fera en un jour mais ça reste un chantier qui concerne toute a profession, sûrement autant que les questions d’éthique ou de développement durable.

mardi 17 juillet 2007

La recette du succès des campagnes online

Dynamic Logic, spécialiste de la recherche en efficacité marketing, vient de publier un palmarès des 10 campagnes online les plus efficaces de l'année 2006. Ce palmarès s'appuie sur les mêmes critères de mesure d'efficacité que la pub classique : attribution, agrément, intention d'achat... et non simplement au nombre de reprise sur la blogosphère et sur le web en général. La précision sur les critères n'est une diatribe déguisée, c'est qu'en réalité si le web est un superbe outil de mesure, les critères de mesure qu'il offre sont assez éloignés de ce qui constitue le tableau de bord d'un responsable marketing type qui se moque, sauf vanité aigue, du nombre de bloggeurs qui n'ont pas l'intention d'acheter mais qui ont copié une bannière sur leur blog.

C'est une démarche intéressante qui permet de cerner quelques points communs entre ces campagnes qui, semble-t-il, sont formidablement efficaces.

Palmarès
(cliquez sur les image pour découvrir les campagnes)

Oreo par Draftfcb

McDonald's par Tribal DDB Chicago

Kraft Singles par JWT

Honey Bunhes of Oats par Ogilvy & Mather

Dove par Ryan Interactive + Ogilvy & Mather

Crystal Light par Ogilvy & Mather

Dotglu New York

Ray-Ban par Starcom Chicago

L'analyse de ces campagnes et de ce qu'elles ont en commun permet à Dynamic Logic de dégager des points communs qui expliquent le succès de ces campagnes. Voici les 5 ingrédients qu'il faut intégrer pour créer les conditions favorables.

  • Conserver des visuels simples avec aussi peu de texte que possible. C'est essentiel pour se détacher au milieu des dizaines d'éléments, autant éditoriaux que publicitaires, qui cherchent à capter l'attention de l'internaute.
  • Mettre la marque en valeur au cœur du dispositif.
  • Assurer la cohérence et la continuité entre les campagnes online et offline. Elles doivent se nourrir mutuellement, se renforcer et entrer en résonance.
  • Utiliser la vidéo et les contenus Rich Media, les décliner et les multiplier dans différents formats.
  • Miser sur l'interactivité et le coté ludique.

Je ne suis pas certain que cette recette des campagnes online réussies soit suffisante. Il y a des campagnes qui pourraient cocher toutes les guidelines sans avoir vu leur campagne crever le plafond, et au contraire des campagnes pourries qui explosent littéralement. L'intelligence collective sans doute... la main invisible du marché.

Pour en savoir plus : Dynamic Logic

lundi 16 juillet 2007

Les mythes du marketing viral

La mesure du buzz, les vecteurs d’influence, les classements de blogs… Le concept de marketing viral a connu un grand succès grâce à la combinaison de l’essor du social networking online et de la saturation des consommateurs en messages publicitaires. Un chercheur iconoclaste vient bousculer les idées reçues sur la transmission virale des messages/idées et propose une réflexion renouvelée. Une conception plus complexe, moins schematique, mais surtout plus proche de la complexité inhérente au monde social. J’avais déjà évoqué quelques limites du modèle de diffusion viral dans un précédent post, avec une étude empirique des laboratoires HP sur la propagation virale online.

Des leaders d’opinion pas si influents
On considère généralement que les influenceurs, c’est-à-dire les bloggeurs les plus ciblés par des liens, ont un rôle crucial dans la propagation du buzz. En effet, ils sont les seuls qui, théoriquement, sont en mesure de toucher des larges communautés simultanément. Ils sont comme les points d’eau dans la savanne : des nœuds où se croisent tous les animaux. Pour Duncan Watts, professeur de sociologie à l’université de Columbia, cette présumée influence est très fortement exagérée. Il affirme que contrairement aux idées reçues, ces influenceurs ont relativement peu d’impact au-delà de leur « voisinage » affinitaire, thématique ou géographique.



De marketing viral au Big-Seed Marketing
Pour lui, les personnes « ordinaires » peuvent être beaucoup plus influentes qu’on peut le penser. Il suggère donc de cesser de se concentrer sur une cible sur sollicitée de geeks ultra connectés pour inverser la logique et se tourner vers une masse d’individus plus réceptifs. En gros, passer d’une logique Top-Down à une logique Bottom-Up.

Mais une des fleches les plus ascerées de Watts porte sur la logique elle-même. Selon lui, ça n’a pas de sens de plannifier un buzz. En soi, c’est vrai que tenir un discours qui consiste à dire que les consommateurs ont pris le contrôle, et plannifier des campagnes de buzz avec des films viraux est une forme de contradiction. La viralité de la propagation (le buzz) n’est pas un canal, c’est un phénomène, la résultante d’une combinaison aléatoire des mécanismes sociaux complexes et non maîtrisés.

L’approche Big Seed
L’idée, s’il ne s’agit pas de plannifier soigneusement un buzz, c’est de créer les conditions favorables à ce que la mayonnaise prenne. Car selon D.J. Watts "Things happen randomly. (…) You throw things out there, with as low cost as you can manage and with as great a diversity as you can stand and then you see what gets taken up." En bref : donner réellement le pouvoir aux internautes.

Naturellement, et sans doute pas innocemment du tout, ce point de vue suscite de vives réactions. (Sans doute) Volontairement provocatrice, l’analyse de Watts dénonce cependant une dérive qui mine la communication et le marketing : la focalisation sur les bloggeurs des classement Technorati ou Wikio. Ce phénomène, que certains bloggeurs critiquent non sans se délecter d’appartenir au club fermé de la crème de la blogosphère nationale, est très critiquable d’autant plus que les sollicitations sont souvent en décalage avec le positionnement et les centres d’intérêt des bloggeurs. Cette pratique est doublement dommageable : d’une part, elle sature mécaniquement ces « cibles », d’autre part elle dévalorise les professionnels de la communication et du marketing qui, dès lors, ne peuvent plus apparaître comme des interlocuteurs crédibles et utiles pour les bloggeurs.

vendredi 13 juillet 2007

CSR & Mécénat : des grandes causes qui rapportent

Cone, agence spécialisée dans la communication orientée CSR et mécénat, propriétaire du concept de "Cause Branding" publie une étude l'importance de l'implication des entreprises sur des causes dans l'acte d'achat. Elle montre l'impact de l'implication des entreprises dans une cause avec les ventes. Cette question, bien qu'en apparence simple (il faut être une entreprise citoyenne pour être appréciée et donc pour vendre) est en réalité très complexe surtout en France ou la culture du Boycott n'est pas très installée (echec des boycott de Danone, voir article de Robert Zarader et Catherine Malaval dans la revue de la communication sensible). L'étude porte sur le public Américain et révèle que les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la question de la Citoyenneté d'entreprise dans leur acte d'achat.

Cette analyse, du reste bien exposée dans le livre de Caroline Fourest L'entreprise face au Boycott, butte sur le problème du décalage entre le déclaratif et la réalité des comportements. A une question du type "tenez vous compte du comportement d'une entreprise dans votre acte d'achat ?", il apparaît que les consommateurs répondent assez volontier positivement. Est-ce que cette étude parvient à contourner ce problème ? Je ne crois pas. Cela dit, elle reste intéressante car Cone n'en étant pas à sa première étude sur le sujet, les résultats montrent une tendance à la hausse de cette préoccupation chez les consommateurs.

Que nous apprend la Cone Cause Evolution Survey ?

  • 85% des Américains affirment être prêt à changer de marque si des pratiques condamnables d'une entreprise sont révélées.
  • 92% des sondés affirment qu'ils ont une image positive des entreprises qui soutiennent une cause à laquelle ils sont sensibles.
  • 87% des américains sont susceptivles de changer de marque (à qualité/prix égal) si une entreprise est associée à une grande cause (+31% depuis 1993).

Qu'ils tenaient également compte de l'engagement d'une entreprise sur les questions sociales quand il s'agit :

  • Quelle entreprise ils veulent voir faire du business avec leur communauté (86%)
  • Ou postuler pour un job (77%)
  • Quelles actions dans lesquelles investir (66%)

Par contre moins d'un tiers des sondés a affirmé avoir parlé atour de lui des produits d'une entreprise dont ils avaient entendu parlé de l’engagement dans les questions sociales (30% contre 43% en 2004). Peut-être le signe que les entreprises ont saturé leurs publics sur ce sujet…

Par contre, si les consommateurs sont sensibles à cette question, il ne faut pas pour autant le prendre pour des idiots : 90% précisent qu'ils ne soutiendraient une cause que si elle est en lien avec l'entreprise, et que 87% des sondés disent qu'ils souhaitent que les entreprises s'engagent sur des causes là où l'activité a le plus d'impact (en économie on dirait Externalités négatives).

Pour les résultats complets c’est par ici.

jeudi 28 juin 2007

L’advertposting : la tentation des communicants

Depuis que le Web est ouvert et collaboratif, la tentation est grande pour les communicants. Il y avait l’approche discrète mais coûteuse de recruter des tas de bêta testeurs pour qu’ils multiplient les avis favorables sur un produit. Pas très franc, pas très économique, pas éthique du tout mais plutôt efficace. Il y avait l’approche maladroite : poster sous pseudo des commentaires positifs… et se faire choper à cause de son adresse IP (je me rappelle un cas chez un éditeur de jeux vidéos qui souhaitait se défendre des multiples critiques sur un de ses produits). Aujourd’hui les techniques se raffinent et se font plus sournoises comme en témoigne la réaction de Directours rapportée par Emmanuel Parody sur son blog. Et comme tout phénomène Internet, il est désormais gratifié d’un néologisme anglosaxon : advertposting ou adverposting. Il semble que cette pratique est particulièrement répandue dans le domaine du tourisme, domaine ou les achats sont particulièrement impliquants et le risque perçu fort.

L’Advertposting, dixit Directours, « consiste à utiliser le web 2.0 pour passer des messages. Pas de problèmes me direz-vous. Le web est idéal pour faire passer l’information. ”Si vous voulez qu’on dise du bien de vos produits sur la Toile : très simple, vous vous adressez à une agence de ” advertposting “ et zou c’est emballé.” Pour travailler dans la branche, il faut écrire avec des fôtes d’orthographe, employer le langage imagé, populaire, sauter du coq à l’âne, surtout à l’âne d’ailleurs… En fait vous rentrez dans la peau d’un consommateur qui aurait utilisé les services de la société qui vous paye. Et vous lui tressez des louanges façon blog »



On ne peut que dénoncer cette pratique qui est à la fois stupide et honteuse. J’attend simplement, et on peut être sûr que ça ne tardera pas, que les brebis gualeuses qui se sont laissées tenter par cette pratique se fassent dénoncer par les internautes les plus attentifs. Que les agences qui pratiquent l’advertposting soient bannies et qu’elles cessent d’entretenir l’image des communicants prêt à abandonner éthique, moralité et intelligence pour tenter de palier leur incapacité à promouvoir leur client sans dépasser la ligne rouge. A mon avis, quand on travaille dans la communication, on a le droit de s’exprimer sur les sites, les blogs… uniquement à titre personnel : en tant que consommateur, individu, citoyen… jamais en tant que mercenaire aveugle au service d’une marque ou d’une entreprise.

Si on retourne le problème, j’en déduis quelques principes de base pour prendre la parole sans se compromettre et sans mettre en péril la réputation de son client :
  • On a le droit de s’exprimer, et de dire ce que l’on veut à condition de décliner son identité (la vraie)
  • Quand on prend la parole, on doit se conformer aux pratiques du Web 2.0, si le site/blog précise les règles d’utilisation de la partie commentaires, il faut en tenir compte
  • On ne doit pas monnayer ses interventions sur des forums, wikis, blogs… ça n’a pas de valeur marchande. Une entreprise qui se réduit à acheter de l’opinion favorable, c’est une forme d’aveu que ce type d’opinion n’existe pas vraiment.
  • Il faut admettre que sur internet, ceux qui s’expriment le plus ne sont généralement pas les plus enchantés par un produit ou un service. C’est comme ça. On poste plus facilement un commentaire quand on est en colère que quand on trouve que le produit est bon.

S’obliger à certains principes est d’une utilité fondamentale si on veut éviter que tous les commentaires soient bannis ou modérés à priori.

vendredi 11 mai 2007

Des emplois pour demain ?


La question a été effleurée pendant la campagne présidentielle... Le chômage ? non non, l'emploi. Dans son dernier numéro, Enjeux Les Echos a cherche à défricher ce que pourrait ou devrait devenir le marché du travail dans le futur. Question en partie polémique car traitée avec des regards idéologiques par notre classe politique. Je trouve que le dossier des Echos est assez bien illustré par la présentation de jbreman (ci-dessous). Un constat s'impose, si on continue sur la tendance que nous suivons sur la question de l'emploi, on se dirige vers une société radicalement différente où la classe moyenne ne va cesser de s'assécher (société en entonnoir). Pour les métiers du marketing et de la communication, ce phénomène a des implications sérieuses avec une polarisation des publics avec d'un coté plus de précarité et moins de pouvoir d'achat... et de l'autre les publics les plus fortunés. L'enjeu, à mon avis, c'est qu'entre le hard discount et les MDD qui confirment leur domination sur les CSP les moins riches, il y aura de moins en moins de besoins en communication, de marketing grand public... Parce que finalement, le grand public, c'est surtout la classe moyenne.